ça commence un de ces soirs fiévreux,

dans les premiers,

par une sorte de hurlement rentré,

de panique froide et immobile.


Torsion brutale et étrangement ouatée,

disloquant tous repères d’un souffle.


D’une gifle.


Du souffle d’une gifle.


Temps et espaces dissous,

abscons,

filtrés puis tamisés,

séchés,

réduits jusqu’à n’être plus qu’onde de choc.


Le jus de l’onde d’un choc,

sa liqueur.


Son fluide

-impeccables cliquetis d’inutilité-

son essence douloureuse.


Chienne toute rompue,

ténèbres atrophiées.


Demeure de pelure de toute vie. 


Fêlure obscène,

à la tâche.


Carcasse.


Monde pour d’autres

et dont il faut bien en dernier recours admettre l’indispensabilité,

avec une sorte d’incohésion rieuse...


Avec les doigts,

plein la gueule.


Dans le cœur,

le jus du plaisir d’être qui tord l’être,

l’ulcère joyeux,

perce et mord le torse,

rigole,

nombrilisé,

arrache encore et puis s’en va.


Baume d’abord mais qui ne revient plus.


l’emporte-pièce négatif,

meurtri,

restreint,

le champ,

l’action.


La fève mange la couronne.


La dent le pivot.


Cette pensée s’est infirmée

empruntant un escalier sombre et triste

tors et noueux.


Marches concaves,

émoussées et instables.

paliers d’un aplomb incertain,


abrupte,

toujours s’amenuisant,


tournant

creusant


et s’enfonçant d’un trait démesuré...




A présent invisible

descend et vrille encore.

“Testament “

(extraits)

2008

Dent cariée de la misère qui troue.


Ici, on mange son fil à plomb.


saugrenue

malsaine

écervelée


beaucoup

pleurent encore

le jour le fils et l’esprit douteux

en exergue

le fil de la raison


son double douteux

échevellent

maltraitent

exhortant

exclusive

sommes de foules

humains

tachées

troubles opaques insultants

indécents


stupides


perche tendue vers une trace

un trouble confortable

horrible

solitaire

sexuelle la trace

le sort

la mer

la trêve

le loup

la grue



l’icône raisonnable

le mythe

la grève

le gouffre

le prochain

le suivant

tous les gouffres

les suivants

les extrêmes

la progéniture immonde

contre-échelle

contre-temps

contre-cieux



apnée infinie, excisée

infinie

de basalte

de mort

d’os

de signes exclusivement troublants



la plaie

l’ourson déchiqueté après le premier soir

la première nuit vraie

la dernière

la seule

exulte


exhorte après la nuit


la seule

la dernière

la vraie


une nuit


la nuit


l’espoir qui s’aplatit

parle allemand

parle anglais

parle fort sans soucis


sans trêve


rechute

incline

désolé

la paroi du temps

rigide

froide


esseulée

-et pour cause-

désolée


exténuée

-et pour cause-

flexible

en fait sobre

laconique


omniprésence du fourbe

de l’éteint

du distant

du parfait

disloquée

embuée

éreintée

partagée

écoutant à la porte

le crépuscule salvateur

(sépulcrale)


s’étonner puis mourir en un désarroi non feint


la preuve enfin de ta mort vraie


ton visage mort sur l’océan



nef tubulaire prosaïque

médiocre

semi-fourche retournée qui frotte

qui frotte

qui grince

qui frotte et qui abrase


rétablie inextinguible

retouche

recouche

remet la table

les mets

le couvert


sous couvert du nu

du pur

du sordide

du drôle

du jour mou

du stable comme de l’incertain

du diable

sa queue

son dard

l’essor de sa tête conique

virtuelle

propre

anamorphique


femme très belle sinon tes ailles de parasite



qui s’enfoncent



sur le sable

un galet

lui-même escarbille

n’a de précieux que son extrême inutilité

Obliques ils poussent

comme ils poussent vos petits bras pesants